Simple Analytics une alternative à Google Analytics pour analyser son audience sans compromettre la vie privée
Simple Analytics une alternative à Google Analytics pour analyser son audience sans compromettre la vie privée
Et si vos statistiques web n’avaient pas besoin de ressembler à un tableau de bord d’avion de chasse pour être utiles ? Depuis l’entrée en vigueur du RGPD et la multiplication des décisions des autorités de protection des données contre Google Analytics, de plus en plus d’entreprises cherchent une alternative plus simple, plus éthique, et légalement plus sereine.
Dans cet article, je vous propose un focus sur Simple Analytics, un outil d’analyse d’audience pensé dès le départ pour respecter la vie privée. Pas de cookies marketing, pas de profils utilisateurs, pas de reciblage… mais suffisamment de données pour piloter un site ou un business numérique de manière efficace.
Pourquoi remettre en question Google Analytics aujourd’hui ?
Google Analytics s’est imposé comme le standard de fait de la mesure d’audience. Pendant longtemps, la question ne se posait même pas : tout le monde installait GA sans réfléchir. Ce n’est plus le cas.
Trois tendances ont changé la donne :
- Pression réglementaire accrue : plusieurs autorités européennes (CNIL en France, DSB en Autriche, Garante en Italie…) ont estimé que l’utilisation de Google Analytics, en l’état, posait des problèmes de conformité au RGPD, notamment du fait des transferts de données vers les États-Unis.
- Explosion des bannières cookies : pour être conforme, l’usage de GA implique généralement une bannière de consentement complexe. Résultat : une partie des utilisateurs refuse (ou ignore) la bannière, ce qui fausse les statistiques.
- Rejet croissant du tracking intrusif : côté utilisateurs, l’ad-blocking et la sensibilité à la vie privée progressent. Côté entreprises, la prise de conscience augmente : a-t-on vraiment besoin de suivre chaque mouvement de souris pour piloter un site ?
Autrement dit, l’équation classique « plus de données = meilleure décision » ne tient plus. Entre risque juridique, image de marque et complexité opérationnelle, beaucoup d’organisations se posent une question simple : et si on revenait aux fondamentaux ?
Simple Analytics en bref : l’essentiel, sans la surveillance
Simple Analytics se positionne clairement comme une alternative à Google Analytics centrée sur :
- la simplicité (interface épurée, peu de métriques mais utiles),
- la confidentialité (pas de cookies, pas d’identifiants individuels),
- la conformité (hébergement en Europe, approche privacy by design).
Philosophie de l’outil : vous n’avez pas besoin de savoir que « Jean Dupont, 34 ans, est venu 7 fois de LinkedIn avec un iPhone 14 ». Vous avez besoin de savoir :
- combien de personnes viennent sur votre site,
- d’où elles viennent (source / campagne),
- quelles pages performent,
- quelles actions clés sont réalisées (clic sur un bouton, remplissage de formulaire, inscription…).
En pratique, Simple Analytics collecte des données agrégées et anonymisées, puis les présente dans un tableau de bord volontairement minimaliste. On est loin de la complexité parfois déroutante de Google Analytics 4.
Respect de la vie privée : ce que fait (et ne fait pas) Simple Analytics
La promesse de Simple Analytics repose sur des choix techniques clairs. Ils ont des implications directes pour vos obligations RGPD et votre image de marque.
Quelques points clés :
- Pas de cookies de suivi : par défaut, Simple Analytics ne dépose aucun cookie marketing ou de tracking. Pas de cookie = pas de bannière de consentement pour l’analytics (sous réserve que vous n’ayez pas d’autres traceurs sur le site).
- Aucune donnée personnelle identifiable : les adresses IP ne sont pas stockées en clair ni utilisées pour construire un profil. Les données sont agrégées dès la collecte. Vous ne pouvez pas, même par erreur, remonter à un individu.
- Pas de fingerprinting : l’outil ne reconstitue pas l’identité d’un visiteur à partir de la combinaison de son navigateur, de sa résolution d’écran, etc. C’est une limite volontaire qui évite des dérives.
- Hébergement au sein de l’UE : pour les organisations européennes, cela réduit considérablement le risque lié aux transferts de données vers des pays tiers, sujet très sensible avec les services américains.
- Durée de conservation limitée et configurable : dans une logique de minimisation des données, vous pouvez ajuster la rétention selon vos besoins (et votre politique de conformité interne).
Résultat : beaucoup d’entreprises utilisent Simple Analytics comme solution d’analytics « par défaut », même sur des projets sensibles (santé, éducation, secteur public), et ce sans avoir à multiplier les couches de consentement et la documentation juridique.
Attention toutefois : aucun outil n’est « magiquement » conforme par nature. Tout dépend aussi de la façon dont vous l’intégrez, de ce que vous croisez comme données, et de votre cadre contractuel. Mais sur le plan technique, Simple Analytics part avec plusieurs longueurs d’avance.
Que peut-on mesurer sans compromettre la vie privée ?
On peut se demander : si l’on renonce au suivi individuel et aux cookies, que reste-t-il réellement à mesurer ? En pratique, beaucoup de choses utiles.
Avec Simple Analytics, vous pouvez suivre notamment :
- Le trafic global : nombre de visites, visiteurs uniques (de manière approximative, mais suffisante pour du pilotage global), tendances par jour / semaine / mois.
- Les sources de trafic : moteurs de recherche, réseaux sociaux, campagnes, sites référents. De quoi comprendre ce qui amène vraiment du monde chez vous.
- Les pages les plus vues : contenu qui génère le plus d’audience, points d’entrée sur le site, pages qui retiennent ou non l’attention.
- Les événements simples : clic sur un CTA, téléchargement de document, envoi de formulaire, passage à une étape clé dans un tunnel.
- Les paramètres d’URL (UTM) : performance de vos campagnes marketing, même sans profiler individuellement les visiteurs.
Autrement dit, vous gardez l’essentiel pour :
- optimiser vos contenus,
- investir sur les bons canaux d’acquisition,
- suivre vos objectifs de conversion.
Ce que vous perdez en revanche :
- le suivi ultra-granulaire de chaque « user journey » individuel,
- les rapports d’audience hyper détaillés (centaines de dimensions et segments),
- les intégrations profondes avec d’autres outils Google (Ads, Search Console, etc.).
La vraie question devient alors stratégique : avez-vous réellement besoin de ce niveau de finesse ? Pour beaucoup d’organisations, la réponse est non.
Des KPIs plus sobres, mais plus lisibles
L’un des effets secondaires positifs de Simple Analytics, c’est qu’il oblige à clarifier ce que l’on veut vraiment mesurer. Moins de métriques, mais mieux choisies.
Sur un site vitrine ou un blog, par exemple, les indicateurs pertinents peuvent être :
- visites mensuelles,
- pages consultées par visite,
- part du trafic provenant du référencement naturel,
- nombre de clics vers un formulaire de contact ou une prise de rendez-vous.
Sur un SaaS B2B, on va plutôt regarder :
- nombre de visites issues des campagnes (UTM),
- taux de clic vers la page de prix ou la démo,
- inscriptions d’essai ou demandes de démo,
- impact des contenus (articles, webinaires) sur ces actions.
Le fait de ne pas disposer de 200 rapports différents pousse à mieux aligner la mesure sur les objectifs business, plutôt que sur les possibilités techniques de la plateforme.
Cas d’usage : dans quels contextes Simple Analytics fait vraiment sens ?
Passons de la théorie à la pratique avec quelques scénarios concrets.
1. PME ou site vitrine en quête de simplicité
Vous gérez un site d’entreprise, un cabinet de conseil, une agence ou une TPE. Votre temps est limité, et vous n’avez pas d’équipe data. Dans ce cas :
- Google Analytics 4 peut rapidement devenir un fardeau (interface complexe, configuration d’événements, mises à jour fréquentes).
- Vous avez surtout besoin de répondre à des questions simples : « Qui vient sur mon site ? D’où viennent-ils ? Quels contenus les intéressent ? »
Avec Simple Analytics, la mise en route est rapide, et les rapports lisibles par tous, sans formation spécifique.
2. Site média ou blog avec une audience sensible
Si vous publiez des contenus liés à la santé, à l’éducation, à des sujets politiques ou à des publics vulnérables, l’usage d’outils intrusifs peut vite devenir un problème d’éthique et de confiance.
Utiliser un analytics privacy-first envoie un message clair à votre audience : vous pouvez vous informer ici sans être pisté. C’est un argument éditorial autant qu’un argument juridique.
3. Secteur public, ONG, institutions
De plus en plus d’administrations et d’organisations à but non lucratif sont invitées à réduire leur dépendance aux géants du numérique et à se conformer strictement au RGPD.
Dans ce contexte, Simple Analytics est souvent envisagé comme une brique standard : mesure d’audience sobre, hébergée en Europe, avec un niveau de complexité adapté à des équipes parfois peu techniques.
4. Produit SaaS qui veut aligner son discours et sa pratique
Si vous vendez un produit en lien avec la sécurité, la conformité ou la protection des données, continuer à utiliser des outils de tracking invasifs pour votre propre site peut envoyer un signal contradictoire.
Mettre en avant un analytics respectueux de la vie privée (et le communiquer clairement dans votre politique de confidentialité) devient alors un avantage compétitif et un élément de crédibilité.
Mettre en place Simple Analytics : à quoi s’attendre concrètement ?
Sur le plan opérationnel, l’implémentation est assez directe.
Installation
- Création d’un compte sur Simple Analytics, ajout de votre domaine.
- Intégration d’un petit script JavaScript sur votre site (directement dans le code ou via un gestionnaire de tags).
- Vérification en temps réel que le trafic remonte correctement.
Configuration des événements
Si vous voulez suivre des actions clés (clics sur un bouton, soumission de formulaire, etc.), vous pouvez :
- ajouter de petits extraits de code au clic ou à la soumission,
- ou utiliser votre gestionnaire de tags pour envoyer des événements à Simple Analytics.
Rien à voir avec la logique de « big data » d’un GA4 : vous définissez quelques événements vraiment stratégiques, pas plus.
Migration depuis Google Analytics ?
Vous ne pourrez pas migrer historiquement toutes vos données GA dans Simple Analytics : les modèles de données sont trop différents. En revanche, vous pouvez :
- exporter vos rapports GA pour archivage (CSV, Sheets…),
- poser une date claire de « transition » (avant = GA, après = Simple Analytics),
- reconstruire certains indicateurs clés dans Simple Analytics à partir de cette date.
Pour la plupart des entreprises, une période de cohabitation (1 à 3 mois) permet de comparer les tendances et de vérifier que les écarts de mesure restent acceptables.
Limites à avoir en tête avant de basculer
Aucun outil n’est parfait, et Simple Analytics ne fait pas exception. Avant de franchir le pas, il est important de connaître ses limites.
- Moins d’analyses avancées : si vous avez une équipe data dédiée, qui fait de la modélisation d’attribution multi-touch, des cohortes complexes, ou des analyses user-level, Simple Analytics ne sera probablement pas suffisant seul.
- Écosystème plus restreint : vous ne retrouverez pas le même niveau d’intégration « clé en main » avec des dizaines d’outils marketing que ce que propose Google. Certaines intégrations existent, mais cela reste plus limité.
- Changements d’habitudes : des équipes habituées à fouiller dans Google Analytics pour tout et n’importe quoi devront accepter un cadre plus minimaliste. Ce n’est pas qu’un changement d’outil, c’est un changement de culture.
Une approche fréquente chez les entreprises plus matures consiste à :
- utiliser Simple Analytics pour la mesure d’audience standard (accessible à tous),
- réserver des outils plus puissants à des usages très ciblés (par exemple, analytics produit sur l’application elle-même, avec un cadre RGPD spécifique).
Comment décider si Simple Analytics est adapté à votre organisation ?
Plutôt que de partir du réflexe « on a toujours utilisé Google Analytics », il est utile de revenir à quelques questions structurantes.
1. Quel est votre niveau de risque juridique acceptable ?
- Êtes-vous dans un secteur très régulé (santé, finance, secteur public) ?
- Êtes-vous déjà sous le radar de la CNIL ou d’une autre autorité ?
- Avez-vous une DPO (ou un référent RGPD) qui pousse à réduire les transferts hors UE ?
Si oui, un outil comme Simple Analytics constitue un sérieux atout dans votre stratégie de conformité.
2. De quelles données avez-vous vraiment besoin pour décider ?
- Vos décisions marketing se basent-elles sur des analyses très fines, ou sur des tendances globales ?
- Vos équipes utilisent-elles réellement la complexité de GA4, ou seulement 5 % de ses fonctionnalités ?
Si l’honnêteté vous conduit à répondre « on regarde surtout le trafic, les sources et les conversions clés », Simple Analytics couvrira probablement l’essentiel de vos besoins.
3. Quelle expérience voulez-vous proposer à vos utilisateurs ?
- Voulez-vous continuer à afficher une bannière cookies envahissante pour pouvoir collecter des données dont vous n’avez pas toujours l’usage ?
- Ou préférez-vous un site plus fluide, plus rapide, avec un message clair sur la protection des données ?
Dans un environnement où la confiance numérique devient un actif stratégique, la réponse à cette question n’est pas anodine.
4. Quelles ressources internes pour gérer l’analytics ?
- Avez-vous des profils analytics / data en interne ?
- Ou bien ce sont des profils marketing / communication qui pilotent la mesure ?
Un outil léger, compréhensible en quelques minutes, sera plus facilement adopté par des équipes non techniques, et donc plus utile au quotidien.
En définitive, choisir Simple Analytics, ce n’est pas uniquement choisir un outil. C’est faire un arbitrage assumé :
- moins de collecte intrusive,
- moins de dépendance à un géant du numérique,
- plus de clarté sur ce que l’on mesure,
- plus de cohérence avec les attentes réglementaires et sociétales.
La question à se poser n’est donc pas seulement « Simple Analytics est-il aussi puissant que Google Analytics ? », mais : « Quel type de relation voulons-nous instaurer avec nos visiteurs et nos clients ? » À l’heure où la confiance se gagne (ou se perd) à chaque clic, la réponse peut peser lourd dans vos choix d’outillage.
